Pierre Laurent, pour une union de la gauche

FRANCE-POLITICS-PCF
Photo : Charly Triballeau / AFP 

Pour fêter les 25 ans de l’antenne lilloise de Sciences Po, quoi de mieux que d’inviter une figure de la gauche, qui ira très bien avec le fond rouge du logo de l’école ? Non, je vous voir venir, il ne s’agit pas de Mélenchon, mais de son camarade (même si les chamailleries récentes portent à croire le contraire), Pierre Laurent. C’est donc le secrétaire national du Parti Communiste Français, qui a pris la parole dans la soirée du mercredi 12 octobre, afin de partager sa vision actuelle de la gauche. Ce qui nous a amené au constat suivant : la gauche est en danger, elle se noie, et crie à l’aide.

La gauche en mauvaise posture

Mais rassurez vous, contrairement à ce que les mauvaises langues pourront dire, la gauche existe toujours. « Elle est forte, mais parallèlement, en crise », et ça, c’est le directeur de l’Humanité  qui le dit, quand même. Quel dommage, car la gauche française ne serait pas un simple groupement politique lambda, selon les dires de Mr PCF. « Ce n’est pas seulement une alliance de tel ou tel parti, c’est un mouvement culturel social, profond, qui a marqué l’histoire française depuis la Révolution ». Pourquoi ? Parce que le peuple français est naturellement de gauche, pardi ! « Nous sommes le pays européen ou la part de la population qui conteste le capitalisme est la plus importante de toutes les sociétés de l’hexagone. » Malheureusement, la gauche est en crise, comme dans le reste de l’Union Européenne. « En Espagne, le PSOE l’est aussi. Sanchez a refusé de donner quitus a la droite pour gouverner et s’est fait éjecter de la direction du parti, par un courant plus libéral. En Grèce, le parti socialiste a simplement disparu de l’échiquier politique. » Aie.

Des schémas de réflexion obsolètes 

Mais pourquoi une telle crise ? C’est simple, l’homme à la tête de l’Huma avance trois raisons. La première, celle de l’échec du social libéralisme, arrivé en fin de vie. « Nous sommes à un moment où ce qu’on a appelé le social libéralisme est en bout de course, et la gauche devra se reconstituer autour d’un programme anti-libéral, qui rompra avec les logiques qui nous ont conduit dans les crises actuelles. » La France est en crise, rien de nouveau, mais il faut à présent changer de méthode et en « tirer des leçons ». La seconde, le mépris pour la multiplicité des formes d’engagement. « La gauche ne peut pas seulement être une alliance partisane, elle doit retrouver au fond ce qu’elle est, c’est à dire un mouvement multiforme, populaire, qui sache faire de la place à toutes les formes d’engagements (sur le terrain citoyen, individuel, économie solidaire, syndicale…) toutes ces formes doivent trouver place dans de nouvelles manières de se mettre en réseau et de construire l’unité. » Troisième et dernière raison, la perte de sa base ouvrière, suite  à l’abandon du projet communiste à la fin du 20ème siècle et la crise de 2008. « La crise a violemment frappé les classes populaires, donc des bases ouvrières fortes ont été détruites (…) et quand les gens sont frappés, ils se divisent. »

Se rassembler pour contrer les forces obscures : le Front National 

Face à une telle dispersion des forces, Mr PCF préconise une union de la gauche « souhaitable et nécessaire ». Après avoir annoncé ce qui n’allait pas à l’échelle nationale, Mr Laurent, avec sa casquette de président du « Parti de la gauche européenne », en a profité pour indiquer ce qu’il fallait faire, à l’échelle européenne. « Le projet européen est en train de se disloquer (…) et sa manière autoritaire d’agir est un échec. » (en référence à la politique menée vis à vis de l’économie grecque). Autre exemple, le développement de mouvements nationalistes, suite au refus de sorties progressives des logiques européennes. « Si on laisse faire ça, on ira vers des reculs très graves des droits, comme ceux des femmes (l’avortement, en Pologne), et même pire, la guerre. » Sur cette question là, Pierre Laurent fera référence à la relation de l’UE/Turquie, notamment la signature d’un accord économique, alors que nos instances s’horrifient devant la misère des migrants à Calais, ou à la frontière hongroise. Que ce soit au niveau national ou européen, le changement c’est maintenant, pour citer l’autre.

« Le Parti Communiste Français, (….) un parti d’espoir » en ce contexte électoral

Selon le Secrétaire national du Parti Communiste Français, il faut une union de la gauche, et vite. Surtout en vue de l’élection présidentielle. « Dans l’idéologie (les mentalités) actuelle, le Front National apparaît comme nécessaire, il n’a même pas besoin d’argumenter. (…) Or ce n’est pas une alternative au système, c’est une imposture. » Toujours sur l’élection à venir, Pierre Laurent se veut rêveur, mais reste pragmatique. « Evidemment je ne vais pas vous dire que le PCF va réussir a inverser ce courant là. On peut lui faire beaucoup de critiques, mais il est courageux, car dans cette situation difficile, heureusement qu’il continue sa lutte, pour garder cet espoir. » 

Mélina Fritsch

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