Ô Haiti chérie, pourquoi les catastrophes naturelles t’aiment tant ?

 

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@ AFP

« Au moins 300 morts après le passage de l’Ouragan Matthew sur le sud du territoire haïtien » pouvait-on entendre ce matin-même à la radio. A cette triste nouvelle, certains d’entre nous se sont dits, fans d’actualité ou non ; «  Haiti, mince alors, ce n’est pas la première fois que j’entends ton nom dans ce genre de bilan ». Maintenant que Matthew se dirige vers la Floride, peut-on prendre un moment pour parler du sort qui s’abat sur cette île ?

Aujourd’hui, des centaines de morts, hier des milliers 

Haiti, tu es un des endroits les plus pauvres de la planète, et comme si cela ne suffisait pas, tu figures aussi en bonne position sur le classement des plus dangereux. Prêtons nous à un petit état des lieux : depuis 1816, le site haiti-reference.com recense 25 ouragans ; de son côté l’Express, qualifiait l’île en 2010 d’ « abonné aux séismes », et avançait que tous les été, un cyclone traverse Haiti. En bref, des cyclones qui n’en finissent pas, accompagné généreusement, maintes fois, par séismes ou raz de marrés. Aujourd’hui, on compte au moins 300 morts, selon les élus locaux, mais inutile de préciser que les précédentes catastrophes donnaient lieu à des bilans de pertes humaines en milliers. Sans parler des dégâts matériels.

Proximité avec la zone caribéenne et dégradation environnementale 

Alors pourquoi ? Haiti chérie, pourquoi ? Claude Prépetit, sismologue haïtien, s’est exprimé de multiples fois sur la question. Voici ce qu’il déclarait en 2008 dans « le Nouvelliste », journal de référence locale : « Nous avons une saison cyclonique chaque année, et qui apparaît toujours à la même période. Se trouvant à la bordure de la plaque caribéenne, l’île peut être victime de séisme. » Autre facteur, la dégradation environnementale du pays. « Avec un sol totalement dénudé et érodé comme le notre, les débordements et les glissements de terrain deviennent extrêmement importants et provoquent des inondations et de sérieux dégâts ». Sans oublier bien sûr le statut insulaire du pays, les catastrophes naturelles qui le touchent sont évidemment porteuses d’eau.

ONG et politiciens : Anmwé ! 

Une kyrielle de facteurs défavorables au rétablissement de cette nation. D’autant plus qu’à cet acharnement du sort s’ajoute également la menace du choléra, surveillée de près en ces temps de vulnérabilité sanitaire. La Croix-Rouge française a récemment annoncé qu’elle allait agir pour que l’épidémie ne se propage pas. Mais diable, que font les politiciens ? Interrogation légitime devant la détresse du pays. En 2014 déjà, le sismologue haïtien criait « anmwé » (à l’aide en créole), face à la non activité des politiques devant les risques que présentent l’île. Après le passage de Matthew, toutes les habitations côtières du sud ont été détruites, or c’est sur ce point là qu’il faudrait agir. « C’est là que le bât blesse. Il existe un code de construction en Haïti depuis 2012, mais qui se charge de le faire respecter ? Il faut passer à la phase opérationnelle, car la finalité de nos études est de réduire la vulnérabilité de la population. » scandait le sismologue, toujours pour Le Nouvelliste.

Suite au passage de l’ouragan, les élections présidentielles et législatives qui devaient avoir lieu dimanche ont été reportées jusqu’à nouvel ordre. Le président du Conseil Electoral Provisoire, Léopold Berlanger, a déclaré qu’ils avaient une « évaluation à faire » de la situation. La situation n’est pourtant pas nouvelle. Alors, changement ou pas changement ? Permettons nous une once d’espoir, mais seul l’avenir le dira. En attendant, adressons tout notre courage au peuple haïtien. « Kenbe pa lage ! »

Mélina Fritsch

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