Mélenchon de passage chez la jeunesse

melenchon
Crédits photo : AFP

« J’ai le coeur rempli de gratitude pour l’existence qui me permet de vivre des moments comme celui ci … mais j’ai aussi le coeur serré en pensant à ceux qui sont dehors. Mais c’est comme ça nous devons respecter les conditions de notre accueil ! » C’est par cette belle phrase que Jean Luc Mélenchon a entamé sa conférence sur son nouveau livre « L’ère du peuple » à l’Université de Lille 2. Une phrase d’excuse, non pas parce que sa venue en a gêné plus d’un, mais pour la raison inverse. Un évènement annoncé près d’une semaine sur les réseaux sociaux, avec plus de 1 000 d’invités, 650 participants, ça promettait d’être tendu niveau organisation. Réservé à tous les étudiants, puis uniquement à ceux de Lille 2, vu la forte affluence, l’ambiance aux portes de la faculté était électrique. Devant les vigiles, plusieurs cas de figure : ceux qui n’avaient pas leur carte étudiante et se résignaient donc à partir, ceux qui étaient effrayé par la grandeur de la foule devant la salle de la conférence, et ceux qui, comme nous, n’étaient pas de l’établissement, mais voulaient à tout prix vivre la venue de Mélenchon.

Une fois à l’intérieur de l’amphithéâtre, le show pouvait enfin commencer. « Ceci n’est pas un meeting, même si ça en a les apparences » lance le cofondateur du Parti de Gauche de son fauteuil derrière le bureau. En homme politique aguerri, Mélenchon se veut prudent. Et toujours en homme politique aguerri, Mélenchon excelle dans le discours qui brouille les foules. C’était animé, révolutionnaire, ça partait dans tous les sens. Du Mélenchon quoi. On a tout de même essayé de vous faire un topo.

Militant pour l’ordolibéralisme

Sur l’économie, Mélenchon a brandi son traditionnel drapeau du fameux capitalisme ayant pris le dessus sur les préoccupations sociales. Il a évoqué notamment un « grand tout financier » où domine un signe de l’échange « produit sans rapport avec les valeurs humaines ». Suivi d’une « bulle financière condamnée à éclater et provoquer des crises à intervalles réguliers. »  pointant du doigt la crise des Subprimes et les autres à venir. Insistant aussi sur la nécessité de la fin de la main invisible sur l’économie. « Quand la finance a pris le pouvoir, elle a tendu à s’autonomiser, et  à faire croire que tout ce qui est bon pour elle est bon pour tous. Or, le capitalisme se transforme en un système hostile à la démocratie politique en s’imposant comme une évidence naturelle, à laquelle le citoyen ne doit s’imposer. » Mélenchon est militant pour l’ordolibéralisme, soit une intervention étatique sur l’économie.

Les accords de la COP 21, c’est couci-couça

Sur l’environnement, le leader d’extrême gauche n’a pas tari d’éloges quant à l’accord de la COP21. « Il est clair que changement climatique est commencé, et la COP21 n’y changera rien. Nous en sommes à la 21ème donc il y en aura d’autres, de Rio au Maroc. On se réjouit d’avoir signer, mais à 2° mes chères, il y avait des gens qui ne voulaient pas signer. C’est comme des territoires insulaires disaient être d’accord pour être noyer ». 

La révolution citoyenne : thème phare de son livre 

Vu qu’il était quand même là pour parler de son livre, il a évoqué avant de partir le thème de la révolution citoyenne, présent dans « l’ère du peuple ». « A notre époque un autre acteur a surgit : le peuple. » Marquant un temps de pause, il précise. « La révolution citoyenne n’est pas la révolution socialiste, c’est donner à chacun la capacité d’exercer sa souveraineté sur lui même ». Continuant sur la différence entre la citoyenneté et la civilité. « Les droits de l’homme et du citoyen sont corrélés. Si vous êtes non citoyen, nous n’aurez pas de droits ». 

« Tant qu’il y’a de l’humanité, alors l’ère du peuple peut commencer » 

Brutalement, la conférence a pris fin. C’est sans échange avec le public que le cofondateur du parti de gauche s’en est allé. Mais il a tout de même laissé une once d’encouragement, après ce discours si noir. « Mon message repose sur l’idée qu’il y’a une fraternité humaine, on ne peut pas vivre tranquille à côté de gens qui souffrent. J’ai eu la chance de vivre dans une France où il n’y avait pas de mendiants, on nous a éduqué à essayer de remédier à la pauvreté par nos moyens. Il faut partir de l’idée du Che, selon laquelle chaque problème, même extérieur à vous, est le votre… Le ressort moral est un ressort révolutionnaire si il vous oblige à vous occuper des autres. Tant qu’il y a de l’humanité, alors l’ère du peuple peut commencer. »

Mélina Fritsch

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