Beyoncé au Super Bowl : business is business

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Beyoncé accompagnée de ses danseuses, habillées en Black Panther, lors du championnat

Qui a gagné le Super Bowl ? Seul les fans de football américain le savent. Soit une portion infime de la masse internationale de spectateurs qui se sont réunis tous azimuts, dans les tribunes, comme sur internet, pour suivre l’évènement sportif américain le plus attendu de l’année. Les Denver Broncos l’ont remporté contre les Carolina Panthers (24-10). Mais, à vrai dire, ce n’est pas ce qui importe. L’objet de toutes les attentions le soir du 7 février, c’était Beyoncé et son discours militant. Engagement sincère ou coup de buzz stratégique ?

Formation, son nouveau titre aux sonorités politiques

Queen B était l’élément marquant du Super Bowl. Pourquoi un tel engouement ? Dans son clip «Formation» la femme du rappeur Jay-Z a choisi d’insérer des sonorités à consonance politique. Entre autre, une référence à la Nouvelle-Orléans, frappée par l’ouragan Katrina en 2005, dont les habitants pauvres seraient laissés pour compte par le gouvernement ;  une autre à ses origines (un père d’Alabama et une mère créole de Louisiane) habilement liée à la défense de la communauté noire aux Etats-Unis, et notamment au mouvement «Black Lives Matter» (qui dénonce la violence exercée par les forces policières au détriment des Afro-Américains). Que de clins d’oeil à des débats sensibles ancrés dans la société américaine.

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Image extraite de son clip, la star dénonce ici la situation critique des habitants de la Nouvelle-Orléans

Des politiciens et une partie de la société civile en désaccord avec son discours 

Les réactions sont nuancées. D’un côté, ceux qui applaudissent. Mais de l’autre, ça gronde fort. Dans un climat sociétal tendu, les politiques n’ont pas vu d’un bon oeil le rappel de ces problématiques par la chanteuse. L’ancien maire de New-York, Rudy Giuliani, a déclaré qu’il était «scandaleux» de profiter de ce spectacle pour «s’attaquer aux officiers de police». D’autant plus que Beyoncé a, par sa mise en scène du Super Bowl, rendu hommage aux «Black Panther», mouvement révolutionnaire afro-américain des années 60-80, considéré comme incitateur à la violence par certains politiques. Ou encore Malcom X, une personnalité tout aussi mal connotée, vu par d’autres comme un prêcheur du suprémacisme noir. Des manifestations ont d’ores et déjà été programmées contre «Queen B» , pour le 16 février à New-York. Mais les fans de la désormais «engagée» artiste noire ne se laissent pas faire, et contre attaquent avec un rassemblement des anti-anti Queen B. Un vrai combat de coq. Du bruit, beaucoup de bruits. Quoi qu’on en dise, un profitable coup de communication pour la star qui revient de ce fait, plus qu’en force. D’autant plus que la concurrence est rude, sa rivale Rihanna venant tout juste de sortir son nouvel album «Anti». 

Formation de Beyoncé ou le Macintosh de Steve Jobs : même combat ? 

Et si tout ce grabuge n’était qu’un coup de pub’ ? L’interprète de «Drunk in love» a déféré la chronique, volant même la vedette aux autres artistes présents à la tant attendue mi-temps, à savoir Bruno Mars et Coldplay. Sa prestation du titre «Formation» extrait de son tout nouvel album, dont la sortie a justement été annoncée en direct a été visionnée des millions de fois, de même que le clip officiel plus de 21 millions de fois sur Youtube, en l’espace d’un week end (selon melty.fr). Un succès qui ne sera sans doute pas sans de réjouissantes conséquences économiques, puisque les vente des places de son «Formation Tour», débuteront le 15 février, avec un passage à Paris en juillet. Car certes, Beyoncé a tenu des propos engagés ce soir là, et ce pour la première fois, mais elle a surtout fait le buzz. Suivi partout dans le monde, le show du Super Bowl reste un très bon gagne-pain marketing, davantage quand il est par la suite sur-relayé par les médias. Une opportunité qu’avait très bien vu Steve Jobs, en investissant dans un spot publicitaire lors du Super Bowl de 1984. Ce qui marquait alors le lancement de la marque à la pomme (150 millions $ de vente pour ce produit dans les 100 jours qui ont suivi l’évènement) mais aussi l’avenir du Super Bowl en tant que show de divertissement, en plus du sport.

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Image extraite de son clip, en référence aux bavures policières envers la communauté afro-américaine

Reste à voir si son engagement ira plus loin 

A l’instar des Apple addict qui se souviendront de ce jour comme celui du lancement du Macintosh, les fans de Beyoncé se rappelleront du 7 février comme du début de l’engagement de la star. Peut-être à relativiser, puisque pouvait se cacher derrière cet acte une volonté de générer toujours plus de profits, dans la vente de son album et des tickets pour sa tournée mondiale à venir. L’apparition subite de produits dérivés avec des citations extraites de «Formation» comme «I like my negro nose with Jackson five nostrils» sont à prévoir. Impossible de trancher sur la question pour le moment, si l’engagement politique de la star va plus loin, alors on pourra ôter ces idées noires de nos têtes et arrêter de remettre en cause la crédibilité de celle qu’on appelle «Queen B». 

Mélina Fritsch

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