Le pape François, seul contre tous

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Elu personnalité de l’année 2014, selon le magazine Times, et 4ème du classement Forbes 2015 des personnes les plus influentes au monde, devant le président chinois Xi Jinping, et après son homologue américain, le pape François est un leader mondial, il n’y a plus de doute. A la tête du micro Etat qu’est le Vatican, il l’est aussi de la communauté chrétienne, de 2,2 milliards de fidèles, soit la plus grande au monde. Si le pape François rayonne à l’ international on ne peut pas dire qu’il en soit de même au sein de la Curie ou encore de la communauté chrétienne, toutes deux tremblotantes et enfermées dans un ancien modèle de formation catéchistique. Mr Cool, ancien rédacteur en chef du journal chrétien, La Vie, revient sur ce qui fait de ce religieux un outsider.

Un multipolaire pour qui « l’économie tue »

Elu en mars 2013, en pleine mondialisation multipolaire, « le pape est en phase avec une période historique » selon les dires du monsieur. Le pape est est alors apparu comme le prélat de l’hémisphère sud, image qui concordait parfaitement avec l’apparition de nouvelles puissances émergentes comme le Brésil, ou même l’Argentine, la terre où il a grandi. Une figure « qui est venue damer le pion de notre vieille Europe, cette vieille dame toute ridée, dont on attend qu’elle vienne féconder l’avenir de l’humanité » ajoute l’ex-rédacteur en chef, d’un ton solennel. Une image de « sauveur » qui lui va si bien. Fils de migrants italiens, il s’est épris très jeune pour la philosophie péroniste. C’est d’ailleurs de là que lui vient ce soucis pour les pauvres, qu’il a depuis toujours. Archevêque de Buenos Aires, il était au plus près des bidonvilles, qu’il a vu souffrir du fait d’un boum économique qui accentué la pauvreté de ces ces populations. « Une économie qu’il qualifie souvent de tueuse » précise Mr Cool. Marqué par quinze ans de formation jésuite, il a été formé à la théorie du peuple, orientée anti-capitaliste mais également anti-marxiste. Ce qui l’a davantage rapproché des plus pauvres, de qui il voulait valoriser les intelligences collectives.

Ses actions sur les traces de Paul VI

Outsider, mais pas sans leader. Son mentor à lui, c’est le pape Paul VI, qu’il a lui même béatifié en novembre 2014, instaurant sa fête le 26 septembre de chaque année. De son vrai nom Giovanni Battista Montini, il a dirigé l’Eglise de 1963 à 1978, règne dont on retient l’installation des fondements de l’Eglise moderne. Le même qui a également diversifié, internationalisé la Curie, en y proposant l’entrée de prélats asiatiques et africains. Le premier également à sortir du Vatican, à voyager, et à s’ouvrir au monde. « Celui que Paris Match surnommait le Papamondial » se rappelle l’ex-rédacteur en chef. Exactement ce vers quoi essaye de se diriger tant bien que mal Jorge Bergoglio, notamment avec ses récents voyages sur le continent africain, comme en Ouganda où il a a axé son discours sur la nécessité d’abolition de la corruption, en politique… comme au Vatican, clin d’oeil aux récents scandales.

Des fondamentaux bien à lui 

Le pape François a ses fondamentaux, qu’il défend bec et ongles dans ses discours. On retrouve celui de la paix, couplée au développement, que le pape applique en tentant d’instaurer la paix, à l’instar de la réconciliation entre Cuba et les Etats-Unis. « Quelqu’un de passionné par ce qui est irréconciliable » c’est ainsi que le décrit Mr Cool. Autre principe : favoriser le dialogue plutôt que l’affrontement. Ce qu’il a démontré lorsqu’il s’est rendu au mur des lamentations, devant lequel il a embrassé un Imam et un Rabbin. On retrouve également dans ses discours la notion de bien commun. « Pour lui, les pauvres ne sont pas qu’une catégorie sociale, ceux-là sont porteurs de valeurs qui sauveront l’humanité. Le partage, la solidarité et la joie communautaire » explique l’ex rédac’ chef. Dernier principe cité, l’écologie intégrale, qu’il considère faire partie du salut de l’homme. Jorge Bergoglio est le premier à avoir écrit un encyclique centré sur ce thème, autre discours qui rappelle « son franc parler, ce qui lui donne une crédibilité auprès d’une opinion publique fatiguée des langues de bois ». 

9/10 membres de la curie contre lui

C’est sans surprise que la volonté réformatrice du pape ne rencontre aucun franc succès au sein de la Curie. Changer un mode de fonctionnement datant de la Renaissance n’est pas mince affaire, ce dernier fait face aux mêmes critiques de Paul VI, encore une fois. Mais face à ces membres rigides, « qu’il compare à des chiens enragés » le Pape François ne rectifie en rien ses mesures. Parmi elles, la décentralisation de l’Eglise, en raison d’une vision trop romane des problématiques mondiales, (alors que celle-ci n’est pas universelle) réforme bloquée par certains évêques, contre. Autre réforme, qui a fait plus de bruit : celle qui concerne la famille. Après son synode sur la famille soit trois semaines de débats vifs, l’homme du Saint-Siège a réussi à faire passer certaines mesures, notamment celles concernant les remariés et leur possibilité de reprendre une vie paroissiale normale. Il met les pieds dans le plat, surtout en ce qui concerne la pédophilie, problème récurrent chez les évêques, duquel il sort du silence, durcit le ton et ouvre des procès. « Des réformes des mentalités, peut être une révolution, pour finalement revenir aux sources » concluera Mr Cool.

Mélina Fritsch

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