COP21 : Viandards et écologie ne font pas bon ménage

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3 500 litres. C’est la quantité d’eau qu’il faut pour produire un hamburger. Vous ne le saviez pas, nous non plus, on vous l’accorde. C’est ce que nous apprend le documentaire Cowspiracy, sur l’impact de l’industrie de l’élevage, que l’on a fini de regardé bouche bée. A l’heure ou la 21ème Conférence des parties arrive bientôt à sa fin, et que la délégation internationale s’affole car aucun accord n’a pour le moment été trouvé,  il n’a été, à aucun moment pendant ces deux semaines, question de la problématique alimentaire. Alors que son impact dépasse celui des principales causes dont on a entendu parlé jusqu’ici.

L’élevage est responsable de 51% des émissions de gaz à effet de serre

Pour quantifier le problème, le réalisateur Kip Andersen donne quelques chiffres regardant différentes ressources. Les transports urbains seraient responsables uniquement de 13% des émissions de gaz à effet de serre, contre 51% pour l’élevage. Un écart non négligeable. Alors que l’ONU donne des estimations entre 18 et 30% pour ce dernier. Pour ce qui est de l’utilisation des terres émergées, c’est à dire l’ensemble de l’écorce terrestre non recouverte par les eaux, elle serait occupée à 45% par les l’élevage. Quant à l’eau nécessaire pour cette agriculture, le bétail consommerait 1/3 de l’eau douce dans le monde. Pour reprendre l’exemple du hamburger, sa production demande autant d’eau que deux mois de douche. L’auteur se prononce également sur la pêche, exposant le fait que pour 1kg de poissons péché, 5kg d’espèces non visées sont également dans le filet. Il finit sur la déforestation, thème omniprésent dans les débats brésiliens. La forêt amazonienne peut dire merci à l’élevage qui est responsable de 80% de sa déforestation. Toutes ces données sont disponibles et mises à jour sur le site de l’association L214.

Des ONG censurées par leurs donateurs 

Mais pourquoi n’étions nous pas au courant, me direz vous. Avant d’accuser les autres, certaines ONG devraient balayer devant leur porte. Sur le site de Libération, on pouvait lire aujourd’hui «une vaste enquête qui montre comment l’industrie pétrolière est capable d’acheter très facilement des universitaires pour faire publier des rapports fallacieux mais conformes à leurs intérêts mercantiles.» Tout n’est pas tout blanc, ou tout noir, et ce manque d’information en provenance de ces organisations sur l’élevage intensif témoigne d’une certaine censure de ces dernières. Après, libre à vous de penser ce que bon vous semble. Soit on rejette la faute sur ces ONG, qui se disent pour l’environnement avant tout, mais qui en réalité sont de mèche avec leurs donateurs, et préfèrent de ce fait l’argent à la vérité. Et on rapplique pour les traiter d’imposteurs. Ou alors on pointe son doigt sur ces méchants donneurs capitalistes, qui tiennent en laisse les merveilleuses et démunies ONG, et qui clouent, de leurs sales mains, le bec des organisations pleine de bonne volonté. Bien sûr, on ne peut pas dire que les ONG ne font rien pour l’environnement. AmazonWatch joue à la chasse aux sorcières pour mettre fin au commerce de l’huile de palme, et Surfrider fait de même pour les sacs plastiques dans les océans. Leurs actions sont multiples certes, mais trop centrées sur l’écologie mainstream, de peur de froisser les gros bonnets.

Troquer l’habit de carniste pour celui de végétarien 

Désormais, il n’est plus possible pour vous de dire qu’on ne vous aura pas prévenu. Si vous voulez réduire votre impact sur l’environnement, surveillez votre alimentation en viande et autres. On arrête le discours «je ne mange pas de cheval, parce que j’ai fait de l’équitation quand j’étais petite», qui soit dit en passant, s’apparente à du spécisme, c’est à dire la discrimination basée sur une différence entre les espèces. Et on troque l’habit du carniste pour celui du végétarien. Certains diront que le problème n’est pas l’élevage intensif, mais l’explosion de la population mondiale et de la demande. Kip Andersen a démontré tout au long de son documentaire que la production alimentaire actuelle serait suffisante pour la population, mais qu’une part de cette production serait octroyée aux hommes pour nourrir le bétail industriel. Ce serait pourquoi la famine et la malnutrition frapperait si massivement sur le globe. C’est se vouloir réaliste que d’avouer qu’on ne peut stopper complètement la consommation de viande, mais on s’improvise utopistes en imaginant la réduire. Pour de plus amples informations sur le sujet, il faudrait que les ONG arrêtent de cantonner l’industrie du bétail au domaine du tabou en brisant les chaînes qui les lient à ces donateurs trop influents. Noel approche. Lequel d’entre vous plantera lâchement son couteau dans le foie gras, ou osera bravement, dire non à la main tendue de bonne maman ?

 

Mélina Fritsch

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