L’après Maidan. Quel avenir pour l’Ukraine ?

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Lors de la Journee de la Francophonie à l’université d’Ivano Frankisvk. Crédits photo Human East

Deux ans déjà. Le 21 novembre 2013, la place Maidan de Kiev se voyait investie par la colère. Celle de la foule des manifestants qui, après le refus du président Victor Ianoukovitch de signer l’accord économique avec l’Union Européenne, malgré ses multiples déclarations pro-européenne, s’est sentie bafouée par un gouvernement qui n’a fait que les piller. Pendant trois mois, de novembre à février, l’Ukraine a été la scène d’affrontements très violents entre les pro-européens et les pro-russes. Même si aujourd’hui les médias français n’en parlent plus autant qu’au début, les combats font toujours ragent, dans le Donbass, à l’ouest du pays.

Ces affrontements empoisonnent la vie des riverains, qui sont poussés à fuir. Certains vont vers l’ouest de l’Ukraine, tandis que d’autres choisissent la Russie, mère patrie. Un choix qui témoigne de la complexité de la situation dans laquelle se trouve l’Ukraine, indépendante que depuis 1991, date qui marque la chute de l’Union Soviétique. Le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies à Genève estimait en septembre 2014 qu’Il y avait au moins 260 000 déplacés à l’intérieur de l’Ukraine et le même nombre de réfugiés en Russie. Depuis les départs ont dû augmentés. On dénombre 400 camps crées en Russie, pour l’Ukraine aucune donnée n’ont été communiquées.

Dans ces camps, des associations viennent en aide. C’est le cas d’Human East, association lilloise  composée de 22 étudiants de l’Edhec Business School. Créée en 1986, après la catastrophe de Tchernobyl, l’organisation se rend tous les ans dans le pays, en avril, pour améliorer le quotidien des enfants, à travers des donc pour les écoles ou les hôpitaux « On ramène des lits, ou des fenêtres par exemple», détaille Marianne, membre du collectif depuis 2014. Des interventions qui s’inscrivent dans la continuité. « On est toujours à l’ouest de l’Ukraine, à Lviv, ou encore à Loutsk. » Pour 2016, l’association a décidé d’agir pour les enfants réfugiés, avec leur projet Paniers de l’espoir. « On apportera 50 paniers avec les premières nécessités : un matelas, un chauffage d’appoint, une paire de chaussures, un cahier et une peluche. » De quoi redonner le souvenir à un enfant qui se retrouve loin de chez lui.

Du fait de l’absence de sujets sur la problématique ukrainienne dans les médias occidentaux, tout porte à croire que tout va pour le mieux. Mais c’est plutôt face à un silence lourd de sens que nous nous trouvons à présent. « Le taux d’abstention des élections municipales de fin octobre (46,5%) ne témoigne pas d’un désintérêt de la politique pour les locaux, mais plutôt d’un signe de protestation. C’est l’arme politique du peuple. » continue Marianne. En Europe, il semblerait que nous nous méprisions sur le gouvernement en place, celui de Porochenko. « Il est plutôt bien vu par la presse occidentale, donc j’en avais un avis positif. Mais après avoir parlé avec une amie ukrainienne, j’ai compris que ce gouvernement n’était que corruption. J’ai l’impression que ce pays a une culture de la corruption, il faut que les jeunes entrent en course pour que ça change.» Pour la membre d’Human East, le récent rapprochement Hollande Poutine en vue d’une coalition internationale contre l’Etat Islamique ne prédit rien de bon. « L’Ukraine, déjà entre les deux camps, va rester en suspens, surtout que la Russie est en train de gagner de la crédibilité auprès de l’Europe ». Elle va même encore plus loin et parle d’un avenir où « la Russie et l’Union Européenne marcheront main dans la main ». 

A partir de là, deux scénarios s’envisagent. Soit l’Ukraine, du fait que la Russie et l’Union Européenne soient trop occuper à « éradiquer Daesh », selon les mots de Poutine, va réussir à passer inaperçue et à gagner en indépenance. Soit le pays va avoir encore plus de mal à trouver sa place. Coincé entre son passé historique commun à la Russie et son désir d’aller de l’avant qu’il se voit réaliser avec l’UE. Et par conséquent, rester en position sandwich pour toujours. Malheureusement, la relation contraignante avec la mère patrie ne semble pas être finie pour tout de suite. Après une panne d’électricité qui a touché la Crimée, causée par un sabotage de lignes à haute tension sur le territoire ukrainien, Moscou a menacé l’Ukraine de stopper ses livraisons de charbon. Livraisons qui sont réduites depuis quelques jours maintenant. “Le but de la Russie est de déstabiliser l’Ukraine“, avait accusé vendredi le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk. Quand l’Ukraine prendra-t-elle vraiment son indépendance ?

Mélina Fritsch

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