La Cop 21, un casse-tête chinois qui ne dit pas son nom

ok cop 21

Alors que la concurrence parisienne réintègre le Front National au sein de ses associations étudiantes, ici à sciences Po Lille on reçoit Raphaël Dang, présenté comme secrétaire des affaires étrangères et conseiller négociateur sur les questions climatiques. A l’aube de la 21ème conférence des parties, l’invité est venu nous éclairer sur l’art et la manière de concilier enjeux et négociations climatiques sur la scène internationale.

Du haut de son estrade, Mr Dang se veut d’abord pédagogue, ce qui n’est pas sans lien avec le fait qu’il occupe également un poste de professeur. “Pourquoi se préoccupe-t-on de la question climatique ? Pour préserver la planète bien sûr mais surtout pour nous préserver nous.” Selon lui, il faudrait arrêter de croire que le réchauffement climatique n’aurait des conséquences que lointaines et extraordinaires, comme la fonte des glaces par exemple. Non, nous sommes bien concernés. Notamment par l’accès aux énergies fossiles, ou encore l’augmentation de phénomènes météorologiques catastrophes.

Il faudrait agir, et vite ! Mr Dang regarde son public avec conviction. “Si on se bouge maintenant, on paiera 4 à 20 fois moins cher pour résoudre le problème du dérèglement climatique que dans 50 ans”. Bon… Le ton est donné. Et qu’apprenons-nous ? Tout serait de notre faute ? A l’entendre, on se dit qu’il a peut-être raison. “Au milieu du 18ème siècle, à cause de la révolution industrielle, on a augmenté la température de 0.89 degrés. Et aujourd’hui nous sommes à +5 degrés.” Oui bon… Et alors ? “Or, on ne doit pas dépasser de plus de 2 degrés par rapport aux niveaux pré industriels”. Aie.

Bon alors, qui fait quoi ? “Certains pays, aux mentalités très années 70, se sont dits que les pays développés allaient tout faire. Or cette distinction nord/sud est finie aujourd’hui. Les émissions des pays émergents dépassent même celles des puissances.” Mazette c’est pas si simple ! Le négociateur a mis le doigt sur une chose très intéressante, il faut que tout le monde mette la main à la pâte. “Alors on a dit à ces pays émergents d’apporter leurs miettes, c’est à dire de faire en fonction de leurs capacités.” C’est ce qui a donné, selon les mots du bonhomme au micro, ce truc un peu swag qui sont les INDC (Intended Nationally Determined Contributions).

Mais ô malheur, tous les pays n’ont pas la même vision des objectifs à atteindre. Les États-Unis veulent réduire leurs émission de 26 % d’ici 2020, tandis que la Chine parle de pic à atteindre d’ici 2030. Sacré culot, pour un pays qui pèse 22% sur la balance des émissions totale de la planète. Pour Mr Dang, il ne faut pas non plus que les promesses soient trop ambitieuses. “On pourrait faire des révisions tous les 5 ans, et sur la base du volontariat, augmenter ces ambitions. C’est du moins ce que veut la présidence française.” Et quand bien même les promesses seraient prises, comment vérifier qu’elles sont bien tenues ? Problématique quand on pense au principe de non ingérence et qu’on se remémore le bilan décevant de Copenhague. Mais le dit secrétaire des affaires étrangères a la solution. “On peut fonctionner par auditions, par exemple en appelant un expert national qui ferait un rapport sur la situation du pays. Ça donnerait un côté moins hostile à l’exercice.” Bonne idée, on attend à présent avec impatience le 30 novembre, pour le lancement de la conférence.

Mélina Fritsch

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