Fête de l’Humanité, beaux discours et contradictions 

Environ 500 000 personnes ont répondu présentes ce week end au rendez-vous des partisans de la gauche sonnant la reprise de la routine métro-boulot-dodo. Quelque peu agitée politiquement parlant, la fête s’est déroulée sans encombre. Mais à l’heure des grandes déclarations, la mise en pratique ne suit pas.

Quand certains médias insistent davantage sur les désaccords régnant au sein de cette famille qu’est l’extrême gauche, notamment sur le support de Varoufakis ou Tsipras, il reste important de ne pas perdre de vue le pourquoi de la venue des participants à ce festival organisé par les membres de la rédaction du magazine crée par Jean-Jaurès. A savoir, les idées. Pour cette 80ème édition les festivaliers ont été servis, les débats étaient variés : conflits au Moyen-Orient, liberté de la presse, démocratie en Afrique, crise grecque… Avec des orateurs de marque : en tête bien-sûr, Jean-Luc Mélenchon qu’on ne présente plus, accompagné de l’ancien ministre des finances grec Yanis Varoufakis, ou encore Patrick Le Hyaric, directeur du journal l’Humanité. Malheureusement, c’est la cohérence de ces idées tant mises en avant qui tend à disparaître sur ce festival lourd de sens.

Sans surprise, les débats sur l’environnement étaient très prisés, notamment à propos des attentes de la tant attendue COP21 du mois de décembre à Paris. Alors oui, sur le papier, c’est joliment dit. La foule ne cesse d’applaudir et de scander des « bravo » à tout va. Mais à Courbevoie, aucun tri sélectif des déchets n’est proposé sur le festival, et patinoires artificielles côtoient les stands des associations luttant pour le climat. Qu’en est-t-il du slogan “changons le système, pas le climat” ?  Second constat tout aussi significatif, ce festival organisé par un journal d’un parti d’extrême gauche anticapitaliste, abrite lui-même des lieux symbole de la consommation : la fête foraine avec ses stands et manèges en tout genre. Au milieu de toutes ces lumières, les festivaliers arborant casquette à l’effigie de Che Guevara perdent le fil. Grande roue ou débat sur les putschs en Amérique latine ? Le choix est cornélien. De même que la voix de Manu Chao se confondant avec la musique techno des cabanes ambiance boîte de nuit, où les jeunes se ruent pour danser, laisse perplexe.

La fête de l’Huma, comme on l’appelle communément, ne serait-elle alors plus qu’un rassemblement saucisses merguez dénué de sens ?

 

Melina Fritsch

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